









Parmi les fiertés du duo Duchâtelle-Rybarczyk, Loane... «Jamais seule» au Poche. : La Voix du Nord PAR ISABELLE MASTIN
bethune@info-artois.fr Et le sous-marin alors ? « Il a coulé », sourit Xavier Duchâtelle avec l'assurance d'un directeur à qui le succès de sa programmation autorise les blagues. Coulé, non, mais disparu, oui. En atteignant l'âge de la majorité, la petite salle de la rue Fernand-Bar s'offre un nouveau logo. « On a retravaillé la charte graphique. » Une lame de fond portée « par un graphiste de l'école des Beaux-Arts à Tournai. Il est venu au Poche le soir où Daphné chantait, pour s'imprégner de l'ambiance.
» L'architecture particulière de la salle, cosy et souterraine, voûtée comme un four à pizza (dixit Marianne James à ses débuts), lui a insufflé des idées de mode. « le Poche, ça sonnait comme tissu... » Exit donc le logo aquatique, place à une nouvelle plaquette, colorée et moderne. L'emblème, c'est un morceau de tissu un peu effiloché et le « o » de Poche remplacé par un bouton, le tout sous un fil de couturière. Lequel se déroule en corde à linge à chaque page, « dans une couleur et un tissu différents pour chaque artiste ».
Le nom-même du « théâtre Le Poche » a rétréci au lavage. « Théâtre, ça ne collait pas au lieu, concèdent Xavier Duchâtelle et Laurent Rybarczyk, son adjoint. On n'y fait pas de théâtre, la salle est réputée pour ses concerts. Et puis tout le monde l'appelle "Le Poche". » Ils n'ont fait que consacrer l'usage.
Pour le reste, on s'accroche à tout ce qui a fait la réputation du lieu. Rien à voir avec le théâtre municipal : ici, on n'hésite pas à faire venir des artistes connus... dans leur quartier, mais parfois au bord de l'explosion. Cali a chanté ici juste avant de débouler sur les ondes nationales. Kent a fait salle comble, Gogol Ier aussi, Adrienne Pauly, Prohom. L'an dernier, Daphné y a chanté le jour-même où elle a reçu le prix Constantin.
Sanseverino était là une semaine avant de signer chez Sony... et de passer d'une salle vide à des Zéniths combles. « On n'avait même pas de photos de lui. Et il est arrivé avec ses affiches, c'était trop tard pour les coller... » Ça fait partie des charmes de l'endroit : les artistes savent qu'ils risquent de jouer devant trois spectateurs poliment assis, ou se donner à 200 debout et gesticulant. Surtout, on n'oublie jamais d'ouvrir la scène aux régionaux. Les Mauvaises langues ont chanté ici avant de passer dans la classe supérieure du théâtre municipal.
Pour le public, c'est une chance inespérée d'applaudir des étoiles en devenir en entrouvrant à peine le porte-monnaie. « Nous sommes aussi identifiés pour nos prix très accessibles : 5 et 7 E, et même 3 E pour les étudiants. » Las, il reste une ombre au tableau : alors que des connaisseurs viennent de la métropole passer des soirées au Poche, il se trouve encore des Béthunois pour s'enquérir en levant les sourcils : « Le... Poche ? Qu'est-ce que c'est ? » Jusque là, on pouvait pardonner. C'est vrai, la salle est en sous-sol, écrasée par la Charité. Mais c'est fini : la plaquette va tomber dans toutes les boîtes aux lettres. D'un format idéal : il tient dans la poche.
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